Concert au bénéfice de la Fraternité l’Écoute de la Rue
L’association Fraternité l’Écoute de la Rue se compose d’une trentaine de bénévoles dont les missions sont : « d’aller en maraudes à la rencontre des sans-abri », « de les accueillir à notre permanence pour créer du lien et rompre la solitude et le sentiment d’isolement », « de les accompagner dans leurs démarches administratives ». Le concert donné le dimanche 30 mars à 14h30 dans l’église Sainte-Thérèse, à Nantes, réunit trois ensembles : « Variabililis », « Guillaume Boni » et « Au Clair de la Rue ».

Variabilis, ensemble vocal et instrumental, créé à Nantes en 2021 se veut éclectique et à géométrie variable. Placé sous la direction de Jean-Sébastien Scotton, cet ensemble amateur réunit une soixantaine de musiciennes et musiciens, choristes et instrumentistes.
Implanté à Nantes, l’ensemble a pour ambition de promouvoir la musique classique dans sa diversité. Il s’attache à donner accès à la culture pour tous les publics à l’occasion de concerts, manifestations culturelles ou rencontres à caractère social.
Créé à Nantes en 2010, l’ensemble Guillaume Boni réunit une formation de 26 chanteurs, amateurs ou professionnels, autour d’un répertoire du Moyen-Âge à nos jours, de musique sacrée ou profane, chantée a capella ou avec instruments : orge ou ensemble baroque.
Le nom de l’ensemble est celui d’un compositeur du XVIe siècle qui a notamment composé des pièces vocales sur les poèmes de Ronsard.
Au clair de la rue
« L’idée d’une chorale a germé, en 2007, dans les têtes de Serge dit le Gaulois, un SDF ancien patron pêcheur, et Yannick, ancien ingénieur, au cours d’une discussion. Ce jour-là, le Gaulois fait la manche, à la fois triste et furieux. Il explique ses raisons à Yannick : “ça me fait chier de voir mes potes crever comme ça… les mecs se font enterrer avec moins de considération que des chiens !” Depuis, une chorale a été formée. Elle réunit chaque semaine des personnes en difficulté sociale, avec ou sans domicile fixe, de l’agglomération nantaise. C’est une façon de retrouver les copains, de se resocialiser, mais aussi de pouvoir apporter de la dignité lors des enterrements de leurs amis SDF, en interprétant des chants. Ces moments permettent aussi de faciliter certaines démarches administratives, comme l’accès aux soins. Camaraderie et solidarité découlent de ces rencontres hebdomadaires. Un des choristes témoigne : “Avec la chorale on se lie d’amitié avec d’autres gens. C’est bien, parce que quand on ne fréquente que des clodos, on descend très vite très bas.”
Au clair de la rue, vient aussi en appui pour du collectif des morts de la rue de Nantes, l’association “De l’ombre à la Lumière”. Modestement, le collectif des morts de la rue rend hommage à l’ensemble des personnes qui, au moment de leur mort, vivaient dans la rue ou y avaient vécu récemment. Chaque année, des personnes dites SDF décèdent prématurément. Elles ne meurent pas toutes sans toit ou des suites de leur vie sans abri, mais toutes ont vécu la rue, sans domicile dédié ou sans hébergement approprié. Les conditions de précarité socio-économiques et les problèmes de santé les conduisent souvent à mourir en situation d’isolement, voire d’indifférence sociale et familiale. A l’occasion des enterrements ou crémations viennent se manifester alors des sentiments très forts de solidarité, d’humanité, ou même de réconciliation. Un hommage est rendu chaque année aux morts de la rue, le 1er samedi d’octobre.
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